Sous un nom d’emprunt, Jasmine partage son histoire avec dignité et douleur. Une histoire marquée par la violence, mais aussi par la résilience. Aujourd’hui, grâce au soutien psychosocial qu’elle reçoit dans le cadre du projet Stop VBG de l’OCNH, elle commence peu à peu à se reconstruire.
Mère de trois enfants, Jasmine vivait à Sous Matla, une zone durement touchée par les conflits armés entre gangs. En 2023, confrontée à l’intensification de la violence, elle n’a eu d’autre choix que de fuir avec ses enfants pour protéger leur vie.
Elle trouve alors refuge chez une amie de longue date, qui accepte de l’héberger avec ses enfants. Mais en janvier 2025, la violence la rattrape à nouveau. « Ce jour-là, je sortais juste pour acheter des produits à revendre », confie-t-elle, la voix brisée. C’est dans la rue, en plein jour, qu’elle est attaquée par des hommes lourdement armés. Battue, puis violée collectivement, Jasmine dit avoir ressenti ce jour-là « la mort dans un corps encore vivant ».
Ce traumatisme profond l’enferme dans un silence, une douleur sourde et continue. Mais depuis quelques semaines, Jasmine bénéficie d’un accompagnement psychosocial mis en place par l’OCNH à travers le projet Stop VBG, financé par l’OEA en partenariat avec le gouvernement du Canada.
« C’est à travers ces séances que j’ai recommencé à respirer », dit-elle. Deux mois après le début de son accompagnement, Jasmine raconte avoir retrouvé une forme de stabilité intérieure. Elle fait aujourd’hui partie de plus de 50 survivantes suivies dans le cadre de ce programme.
Elle tient à exprimer toute sa gratitude envers l’équipe qui l’écoute sans jugement, avec respect et bienveillance. « Je me sens humaine à nouveau », ajoute-t-elle, les yeux emplis d’émotion.
Pour elle, ces actions doivent se poursuivre et s’élargir :
« Il faut d’autres suivis, pas seulement psychologiques, mais aussi sociaux et financiers, parce que beaucoup d’entre nous n’ont plus rien. »
En partageant son histoire, Jasmine espère briser un peu plus le silence qui entoure les violences basées sur le genre en Haïti. Elle devient, malgré elle, le symbole d’une lutte plus large : celle de toutes les femmes qui veulent vivre libres, en sécurité et avec dignité.